Atelier Culture science et technique - OUVERTURE D'UNE DISCUSSION SUR LE PROJET DE TRAVAIL !!!

Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Contributions diverses

Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]

1 Contributions diverses le Lun 18 Juin - 12:57

Sylvie

avatar
Admin
Madeleine Abassade 7 Juin

je voudrais vous faire part d'une point qui ne me semble pas avoir été abordé dans nos échanges de mails collectifs, à propos des rapports que peuvent entretenir "culture et technique" dans les établissements de santé.

 Malgré la mise en place d'un programme interministériel "Culture à l'hôpital" depuis 1999 *,
la nouvelle gouvernance en vigueur dans les hôpitaux conduit à une réduction manifeste de l'ensemble des pratiques culturelles et artistiques,
par le coût que représente le détachement du personnel soignant.
Ce coût est entrain d'empêcher des patients atteints de maladies chroniques, ou de handicaps, qui nécessitent un accompagnement,
de participer à des programmes culturels à dimension européenne, et plus simplement aux ateliers de pratiques artistiques animées par
des artistes.
Ces activités socialisantes, enrichissantes par l'interculturalité, les échanges de savoirs techniques et les relations interpersonnelles,
sont  aujourd'hui  jugées non rentables, non évaluables, et non-
soignantes, malgré le discours médical qui en démontre le contraire.

La culturelle médicale, face à la culture des gestionnaires, est dévalorisée.
Les hôpitaux sont dirigés par des financiers.
Le chiffre prend le pas sur la parole.
Dans l'ensemble des hôpitaux, quelque soit leur spécialité, la technique est entrain de menacer la relation soignante, ou simplement humaine.
Si ce processus de déshumanisation des hôpitaux ne s'inverse pas, médecins et infirmiers risquent de devenir des techniciens qualifiés et/ou
 de hauts niveaux, dont les actes sont quantifiés.
C'est ainsi qu'un service de cardiologie peut être estimé plus rentable qu'un service de maternité.
La technique a un coût, elle dépense mais rapporte.

En psychiatrie, où j'exerce depuis 30 ans, il est infernal de penser que le patient, en tant que citoyen au même titre que les autres,
soit de plus en plus éloigné des pratiques culturelles et de création, et que son humanité "désirante"  ne soit plus au cœur des pratiques.
Quand on sait que beaucoup d'entre eux passent la majorité de leurs vies dans des institutions spécialisées.

Quand la technique n'est plus pensée, elle se retourne contre l'homme.
Il devient  un objet de soins. C'est la réification de l'homme par lui-même.

Il y a donc urgence à continuer de "penser" le soin, ou "panser la pensée"
et de se parler.

Cordialement.

Responsable culturelle à l'hôpital


Reitnomud 9 Juin

Bonjour à tous...
Pour ouvrir le débat dans ce beau forum concocté par "admin"... ;-)))
voilà une première contribution:

« Culture scientifique et technique » ?
A quoi cela fait-il penser tout de go sans réfléchir plus que ça... Juste en fermant les yeux... Le paquebot France qui croise une Caravelle, les hauts fourneaux qui fument, les rotatives qui impriment et le téléphone qui sonne... les ingénieurs cogitent et les usines transpirent... Le monde s'émancipe. Le long ruban de la route du progrès... du 18ème siècle aux année 1980.. !
Cette ère de procès scientifiques et techniques fut ébouriffante ; Bien sur, le monde entier participait de cette aventure ; les européens, les américains, l'Asie... etc... mais tout de même, il faut bien reconnaître avec gourmandise que l'histoire scientifique française, du siècle des lumières à Ariane 5 revêt fièrement les habits de lumière d'une épopée originale et prolifique ; de la marine à voile au France, de Clément Ader au Concorde ou du Pont-Neuf au viaduc de Millot...
Des musées offrent à l'initiation de tout un chacun des œuvres ingénieuses et extraordinaires. Ils propagent et vulgarisent une formidable érudition d'esthète. Ils dévoilent des réalité cachées derrière des vraisemblances toujours trompeuses. Ils vulgarisent les progressions souvent inattendue de nos appréhensions des lois de l'univers de la plus accessible à la plus controversée.
Sur Paris, les Arts et Métiers, le Palais de la Découverte, la Cité des Sciences ou l'Observatoire tiennent haut le défi de la connaissance complexe. Ah cette magnifique Nef du Grand Palais.. !
Le concret, l'abstraction pure, le théorique, la pratique, rien n'est laissé aux aléas de l’obscurantisme ni aux tribulations de l'aveuglement. Tout pour le cartésianisme des petites cellules grises.. !
Mathématiques, Industrie, Architecture, Mécanique, Médecine, Horlogerie... Que de brillantes constructions perspicaces pour édifier l'affranchissement de l'Humanité !
Cet immense savoir faire est tout d'activité humaine ; une sorte d'apanage du propre de l'Homme... il est d'évidence culturel par essence ; et parce que certains affectionnent les humeurs du cambouis et du mécano ou du télescope, il aura bien fallu distinguer cette riche niche culturelle d'une dénomination qui lui est propre : sciences et techniques...

Dans l'univers occidentale, les sciences et techniques furent de tout temps étroitement liées à la diplomatie et à la politique militaire. La construction européenne récente a mué une concurrence scientifique stratégique et acharnée en une gérance associée des puissants du monde libéral. Les années 70 voyaient la fin d' « une certaine idée de la France » et de son indépendance industrielle. La diversité des accords internationaux s'est converti en une affectation de pôles de compétence par domaine et par pays ; Nous avons commencé à entendre : La France n'a pas vocation industrielle, la France n'a pas vocation graphique, la France n'a pas vocation sidérurgique, la France n'a pas vocation pour fabriquer des machines outils... la vocation de la France est touristique et la vocation de la France sont les services à la personne.. !
Et force a été de constater que les 30 années suivantes ont vu la destruction accomplie de pans entiers de l'industrie ; Cazeneuve, Motobécane, la Sidérurgie, chantiers navals, Bull, Simca, imprimerie Lang et Chaix et de la vente/délocalisation des Renault/Peugeot et consorts... sans oublier les coquilles devenues vides comme Alstom et l'industrie ferroviaire... etc...
Voilà où nous en sommes rendus aujourd'hui : un vrai désert industriel, un désordre sociétal ...
mais un savoir faire concret collégial jalousement conservé !
La culture scientifique et technique est tenace.

Ce qui veut dire qu'avec un vrai programme de gauche...
en tenant uniquement compte des nécessités logistiques de la République et de ses entreprises ;
(une fois réapproprier la Poste, EDF, la SNCF... additionnée aux Préfecture, Administrations, Police Nationale, Armées, Éducation Nationale, etc...)
Il y a suffisamment de besoin :
1. d'entretien et de remplacement du parc de véhicules professionnels (camions, voitures et 2 roues) pour mettre en place une « Régie Automobile Citoyenne » conçue et fabriquée en France avec emplois statutaires... C'est très simple de monter un bureau d'études puis une chaîne de fabrication... On sait le faire depuis le 19ème siècle...
2. d'entretien et de remplacement du matériel bureautique pour créer une « Régie Bureautique Citoyenne »
3. Faire revivre l'Imprimerie Nationale à sa juste place.
4. Les ateliers Nationaux : si les choses doivent se faire sérieusement, il est évident que la même démarche peut être entreprise pour faire renaître la « machine outil » à commande numérique française... Cazeneuve, Lefèvre et Martin, Huron, Mikron... (il doit y avoir du terrain du côté de Moulin ou de St Denis)
5. Rappelez vous, pour l'informatique (à l'époque Bull) il avait été envisagé de concevoir un concurrent à Windows ; et plus tard à Google... avec un peu de volonté et la logistique nationale ; ajouté aux besoins informatiques des grosses entreprises EDF, SNCF,RATP, etc... ça ne doit pas être trop difficile...
6. et je ne veut pas parler des industries ferroviaires ou graphiques... où là, c'est un jeu d'enfant avec une volonté de fer...
7. et puis la Sidérurgie... après la lamentable calamité induite par les décisions du secteur privé (approuvées par les politiques de l'époque)... peut être qu'une bonne prise en main citoyenne pourrait faire renaître « les mains d'or »de leurs cendres...

Faut-il rappeler qu'aucune de ces propositions n'est déficitaire. Rien que du classique. De l'investissement rentable à moyen terme. Une voiture se conçoit et se vend ; juste une histoire d'étude de marché. Idem pour la bureautique, l'informatique, la machine outil ou l'imprimerie...
Ce n'est pas la clientèle qui n'existe pas ; c'est le « marché » qui a décidé de désertifier la zone.
Mais démocratiquement, par les urnes, nous pouvons si nous le voulons inverser la tendance et décider la création de nouvelles « Régies » ou d' « Ateliers Nationaux ». La culture scientifique et technique existe ; nous l'avons rencontrée !
Pourquoi s'entêter à croire qu'il suffit d'obliger un capitaliste à faire ce qu'il ne veut pas faire... alors que nous tenons tous pour acquis que ce capitaliste dépensera inexorablement toute son énergie légale et illégale dans le maintien indéfectible de son cap libéral à lui. Dans les eaux glacées du calcul égoïste, la loi du profit est ainsi faite !
Pour finir, pourquoi ce qui a été possible en 1945 dans un pays dévasté par la guerre et les bombardements, ne serait pas possible aujourd'hui avec les moyens du XXIème siècle dans un pays pacifié ?
C'est une question de choix, une question de choix politique, de volonté... citoyenne !

FIN

J'espère ne pas avoir été trop long, ni hors sujet... et ne pas avoir laissé traîner trop de fautes d'orthographe
Bonne soirée

Olivier Chantraine 13 Juin

Bonjour,
J’espère que l’utilisation du « média » forum permettra à notre « atelier » un bon fonctionnement, compatible avec le mode de travail des uns et des autres et leur possible implication et disponibilité, ainsi que l’indispensable ouverture et liberté des échanges.

Je voudrais indiquer quelques pistes de réflexion concernant le sujet « culture scientifique et technique » et, au premier chef, la signification et les enjeux politiques de celui-ci.
Pour ma part, trois pistes me semblent particulièrement importantes à réfléchir :
1 - les enjeux contemporains du « partage des savoirs »,
- a) contre la confiscation du capital cognitif au bénéfice du pouvoir économique dominant et de ses commis
- b) contre la rupture entre les spécialistes (qui sont souvent progressistes ou démocrates) et les profanes
- c) pour une démocratisation des institutions voués à la connaissance (démocratisation interne à ces institutions, démocratisation de leurs relations à la société, démocratisation de leurs relations avec les tutelles et autres puissances
- d) démocratisation des usages des sciences et techniques et de leurs résultats

2 – Analyse des relations entre le système de production, la division du travail et le partage des connaissances.
Le système capitaliste s’est traduit par un utilitarisme et un pragmatisme dans la mise en œuvre des connaissances et pratiques dans le cadre de l’exploitation capitaliste.
De cette manière le capitalisme, contradictoirement, a été un formidable facteur de développement des connaissances, de développement des compétences des élites et des communautés socio-techniques, de constructions des disciplines scientifiques et des métiers, de développement des institutions de formation d’une part, et d’autre part un impitoyable système de ségrégation des cultures, induisant la massive aliénation intellectuelle et créatrice de la population, sans épargner d’ailleurs la classe capitaliste elle-même, qui ne brille que rarement par ses compétences scientifiques et techniques…

3 – Analyse au sein de la société contemporaine des aliénations antérieures au développement du système capitaliste, mais qui n’en sont pas séparables, dans la mesure où il a su les intégrer et les optimiser à ses propres fins de profit :
a) Ségrégation par le sexe. On n’en est plus tout à fait à l’exclusion des femmes de la lecture et l’écriture, mais la connaissance, et corrélativement les métiers restent largement distribués selon le sexe. Certains auteurs (et je partage le plus souvent leur point de vue) montrent ainsi que le domaine du « sale », de « l’impur » est généralement dévolu aux femmes tandis que les formes nobles de la pratique et de la technique restent du domaine masculin.
b) Ségrégation perpétuant au sein de la société de classe des aspects de système de caste, notamment dans la séparation de l’industriel et du tertiaire, des métiers de la production de ceux de la relation.

Voilà, ce ne sont que quelques idées proposées, comme cela, à la hâte. Mais il me semble qu’en les prenant en compte, comme aussi toutes celles que notre « âtelier » et ses différents membres proposeront, on pourra discuter de ce qui fait l’enjeu politique (pertinent donc pour une expression du Front de gauche) de la question de la culture scientifique et technique, notamment en pensant aux pratiques de lutte contre l’aliénation à mener (par exemple dans le système éducatif, ou dans l’hôpital, comme un récent post l’avait indiqué).
Bien amicalement à tous

Voir le profil de l'utilisateur http://thoravalsylvie.wix.com/mediatrice-culturelle

Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum