Atelier Culture science et technique - OUVERTURE D'UNE DISCUSSION SUR LE PROJET DE TRAVAIL !!!

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Pour la discussion un article de Gérard Noiriel

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Un article récemment de Gérard Noiriel paru il ya quelques jours dans le Monde aborde d’une certaine façon les questions qui nous préoccupent. Gérard Noiriel ne fait qu’indiquer des pistes mais il me semble que cette rencontre entre sa pensée et nos préoccupations peut nous être utiles. C’est pour quoi je reprends ci-dessus quelques éléments de son argumentation que je livre à votre réflexion.
L’article part de considérations concernant l’histoire, la critique de la mode de l’histoire-mémoire (référence au livre de Lorant Deutsch) actuellement l’objet d’une mode et exprime sa satisfaction d l’abrogation du projet de Maison de l’Histoire. Ce qui nous intéresse c’est que G.N. enchaîne :
. Le but civique de la connaissance est de favoriser l'émancipation des individus en développant leur esprit critique. Des citoyens émancipés, ce sont des citoyens qui pensent par eux-mêmes et qui choisissent leurs affiliations en connaissance de cause, pour des raisons rationnelles - ce qui n'interdit pas, évidemment, les motivations affectives. Des citoyens émancipés, ce sont aussi des hommes et des femmes qui ont appris à douter de leurs propres croyances. C'est un exercice douloureux pour tout le monde, mais Diderot disait déjà que le but ultime de l'éducation était de combattre les préjugés en mettant " le peuple à la gêne ".
Il poursuit en évoquant l’hommage rendu par Hollande à Jules Ferry et Marie Curie mais il ajoute
Ce rappel de l'idéal des Lumières est réconfortant. Malheureusement, en ciblant son discours uniquement sur le milieu scolaire, François Hollande a considérablement affaibli la portée civique de son propos. On peut craindre que la nouvelle politique culturelle qui s'ébauche entérine, une fois de plus, la division du travail héritée d'André Malraux : un discours sur le savoir à destination des enseignants et des élèves ; un discours sur l'éducation populaire à destination des associations et des " jeunes de banlieue " ; un discours sur la création à destination des artistes et des publics cultivés.
Et un peu plus loin il poursuit
Il est légitime que l'Etat s'efforce de répondre aux revendications et aux aspirations des différentes professions qui remplissent aujourd'hui des missions culturelles. Mais dans le même temps, il faut lutter contre l'atomisation des milieux que favorise l'institutionnalisation de la culture. Il faut inciter les artistes, les enseignants-chercheurs et les associations d'éducation populaire à travailler ensemble dans le respect des compétences de chacun. Tous ceux qui se sont engagés dans ce genre de démarche savent combien elle est difficile, fragile, ingrate. Au lieu de célébrer les auteurs déjà consacrés par le marché, la gauche ferait mieux d'encourager publiquement les expériences que mènent, loin des caméras et des micros, ceux qui croient encore à l'idéal universaliste des Lumières.
Pour conclure
Soutenir ce genre d'expériences n'est pas seulement une exigence civique. C'est aussi un moyen d'appréhender concrètement des problèmes trop souvent négligés. Quel rôle peut jouer l'art dans la transmission du savoir ? Quel rôle peut jouer la science dans le développement de la création ? Comment les publics auxquels nous nous adressons s'approprient-ils nos discours et nos œuvres ? C'est en répondant à ces questions que l'on pourra redynamiser la culture publique en lui donnant de nouvelles armes pour résister aux lois du marché.
A nous maintenant de poursuivre le débat et de proposer nos propres textes
YL – 20 octobre 2012




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