Atelier Culture science et technique - OUVERTURE D'UNE DISCUSSION SUR LE PROJET DE TRAVAIL !!!

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A propos de" l'affaire Séralini"

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1 A propos de" l'affaire Séralini" le Sam 27 Oct - 14:26

Cette contribution est pour partie une réponse au texte que Patrick Banuls a diffusé sur la liste de diffusion de l’atelier (et qu'il mettra bientôt sur e site j'espère)


L'affaire Séralini a plusieurs aspects que la contribution de Patrick contribue à éclairer;

Tout d'abord, elle part à la fois d'un article scientifique et d'une mise en scène médiatique assez inhabituelle.

L'article scientifique est il fiable ? Il veut démontrer qu'une variété de mais transgénique peut avoir une effet cancérigène , surtout en synergie avec l'herbicide qui l'accompagne. Le démontre-t-il ?

Une partie des controverses porte évidement sur cela. Je n'ai pas tout lu, et de loin, mais à mon sens, la seule critique valable est le trop petit échantillonnage, insuffisant statistiquement. MAIS, c'est l'échantillonnage généralement retenu dans les études destinées à prouver l'innocuité des variétés OGM.

Conclusion : on n'en sait encore rien, mais il faut refaire tous les tests avant de maintenir l'autorisation. Cela sera-t-il fait ? Certainement pas sans une forte pression !

Deuxième volet, le côté publicité médiatique. Il était malheureusement indispensable pour que le travail parvienne à être discuté. En effet, il existe une véritable loi du silence sur les travaux scientifiques qui pourraient aller à l'encontre de grands intérêts économiques. (la même loi du silence entoure les travaux scientifiques concernant les ondes des téléphone mobiles par exemple). C'est évidemment lié à l'importance des lobbies industriels et financiers dans les politiques de la recherche et dans la politique éditoriale des revues scientifiques. Cela fait partie des préoccupations des organisations impliquées dans la question « science et démocratie », mais il ne faudrait pas qu'elle soient seules.

Ceci dit, c'est compliqué, parce qu'il ne suffit pas d'être à contre courant des grandes idées favorisées par la système, ni même d'être « martyrisé » pour avoir raison. (De même qu'il ne suffit pas d'être un peintre méconnu sur une île pour être un Gauguin). Aller y voir par soi même ne résoudra pas tout (rien peut être), sauf si on a une culture encyclopédique qui permette de « juger ». Là encore, je ne vois pas d'autre solution, actuellement que le débat très large, et le plus informé possible et la pluralité des approches.. sous contrôle toutefois du débat public. Sans pouvoir être sure (je suis même sure du contraire) qu'il n'y aura pas d'erreur. Et c'est d'autant plus compliqué, que dans nombre de cas, la réponse n'est pas en « oui ou non ». L'homéopathie soigne. Que ce soir un effet placébo ou autre chose n'enlève rien à la chose, l'effet placébo n'est pas un « artéfact » inutile. Personne, à l'heure actuelle n'a réussi à trancher, et je dirai « c'est tant mieux », puisque cela fait du bien à un grand nombre de gens. Mais il y a des cas très graves, comme lorsque une théorie, qu'elle soit ou non soutenue par l'institution, empêche de soigner le sida par exemple (ou le cancer comme dans le cas inverse cité par Patrick). Ou lorsque des gens ne vont voir le médecin que lorsque le « chaman » a complètement failli, et qu'il est trop tard...

Mais la contribution de Patrick questionne aussi ce qu'il appelle la culture scientifique et technique actuelle, façonnée par les médias. Je suis d'accord qu'il y a un certain nombre de « valeurs » liées à l'idéologie hégémonique de la bourgeoisie, selon lesquelles par exemple, toute « avancée » technologique est bonne si elle fait vendre, tout ce qui se vend est testé et bon etc... Mais ne pensez vous pas que presque plus personne n'est dupe ? En revanche, il se répand, faute de véritable culture scientifique et technique, un scepticisme et un fatalisme généralisés, qui font tout rejeter en principe, et tout accepter en pratique, car il faut bien manger ! Et qui se transforme aussi en un catastrophisme, que personnellement je ne partage pas. Après tout, si nous ne mangions que du poison, comment expliquer la formidable augmentation de l'espérance de vie en bonne santé dans nos pays développés ? (ce qui ne veut pas dire que tout ce que nous mangeons est bon, et qu'il ne faut pas dénoncer les poisons, c'est précisément contre les dichotomies et le manichéisme que je plaide). Inversement, on trouve aussi, à gauche en particulier, l'idée que la technologie, bien utilisée, (hors du contrôle des financiers) est capable (voire seule capable) de résoudre tous les problèmes. C'est une position différente que j'ai présentée dans le "texte martyr" que je soumets à discussion, avec l'espoir, bien sûr, de lancer la discussion.

Pour moi, la culture scientifique et technique que j'appelle de mes vœux, la Culture Globale, démocratique « humaine », de gauche, devra permettre, à l'issue de débats approfondis de « séparer (progressivement) le bon grain de l'ivraie ». Mais elle n'empêchera pas, mais au contraire devrait favoriser, la multiplicité des approches.

Ceci dit, est-ce le rôle de l'atelier CST de proposer le (les) contenu(s) d'une telle culture ? Personnellement, je ne le crois pas, car je pense qu'il y faudra un débat citoyen très large, et que promouvoir la nécessité de ce débat au niveau politique me semble précisément, le rôle, ou du moins un rôle important, de l'atelier.

En revanche les commentaires et articles postés sur le site et contribuant à notre culture scientifique (que ce soit celui sur le boson de Higgs qui a eu un nombre record de visites, ou ceux de Patrick qui prend la « science officielle » à « contre courant »), sont une excellente idée.

Une posture intermédiaire serait de parvenir à lister les grands problèmes qui nous semblent devoir être questionnés. Mais là encore, il s'agit d'une option importante, à débattre ente nous me semble-t-il.

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De Patrick Banuls, le 30 octobre 2012.
Continuer à tirer les enseignements de l’affaire Séralini
- dans la perspective de l'atelier FdG-CST

En prenant un peu de recul j'aimerais contribuer à situer le travail que font les sciences et les techniques, avec une perspective historique. Cette prise de recul me parait nécessaire dans l’enjeu actuel d’époque. Tant de chose y sont dénaturées, y compris l’homme lui-même, issu de la nature, dont on formate le cerveau pour le rendre discipliné et docile pour «bien consommer», faisant quasi-fi de tout le reste du potentiel humain dont il est chargé... par la nature ! On n'est pas obligé de mettre de grand «N» au mot Nature. Et la culture (par opposition à nature ; et on pourrait mettre un grand «C» !) n’est pas loin d’avoir la prétention d’orienter l’évolution de l’homme pour en faire un «homme bionique» !

Devant ce constat et cette appréhension du futur, il s’agit de garder sa raison humaine, et de garder humaine sa raison. Nous avons à prendre conscience de jusqu’où on peut aller à jouer les apprentis sorciers, sous couvert de créer de la valeur ajoutée, si peu humaine, quasi-seulement financière.

C’est (re)dire ici, face à ces enjeux cruciaux d’époque, le radicalisme nécessaire à mettre en oeuvre quand on veut réfléchir à la diffusion de la culture scientifique au sein de la culture en général. Et je redis le sens du mot radicalisme : racinal. Aller à la racine des choses, y compris aux racines historiques.

L’histoire me semble devoir avoir sa place dans la préoccupation de cet atelier FdG-CST. Car la situation actuelle est issue du passé et de ses bifurcations. Il y avait possiblement d’autres voies à prendre. Et quand on fait le constat qu’on s’est trompé de route au carrefour, on fait en sorte de se remettre sur la bonne route. C’est, me semble-t-il, ce que nous dit le slogan «l’humain d’abord». Il ne faut pas croire béatement que le développement des sciences et techniques a été un long fleuve tranquille.

L’humain a été si souvent mis de côté dans le passé et peut-être pire encore de nos jours ! Et cela au nom-même de ce qui nous caractérise comme espèce ayant émergé de la nature animale : l'idée (et, pas loin, il y a l'idéologie) ! Aujourd’hui, les choses dénaturantes sont plus sournoises, s’attaquant à l’esprit-même (et au coeur), à ce qui nous rend spécifiquement homme, humain. Et les apports des sciences humaines nous aident ! On est dans la grande époque des manipulations, jusqu’à taille d’humanité. Les think-tank ne se privent pas. Et l'atelier FdG-CST est aussi un think-tank !

On peut dire succinctement que les sciences produisent du savoir et que ce savoir voudrait améliorer la condition humaine, ou plutôt les conditions de vie humaine. On n'a pas attendu le XXIème siècle pour ça, ni même la réelle émergence des sciences au XIXème.

On pourrait peut-être même s’aventurer à prétendre que la raison d’être même de l’émergence du savoir à partir des actions humaines est cette amélioration de la condition humaine. Poursuivant ainsi, grâce à la pensée humaine magnifique, ce qui s’est mis en place par «l’Évolution», cette longue évolution depuis le Big-bang. Par étape successive de l’apparition de la vie, puis de la pensée humaine. En tout cas sur Terre.
Il s’agirait dès lors de poursuivre l’évolution, en l’accompagnant. Il ne s'agit pas de la brusquer et même de s’y substituer, par des prétentions de toute-puissance. Il ne s'agit pas non plus de la laisser faire, en la suivant passivement.
Un équilibre est à trouver : il n'existe pas actuellement. C'est la sagesse de trouver l'équilibre dynamique pour l'espèce humaine. C'est l'enjeu final auquel nous confronte notre époque, en tenant compte de la dynamique environnemtentale, du fait même de la présence que l'homme. Un bouclage vertueux est à trouver entre Nature et Culture.


En citant le docteur Jean Seignalet dans mon billet sur l'affaire Seralini, je pointe en quoi le développement du savoir autour de "l'alimentaire", a aussi produit des effets pervers. Il faut en être conscient. Et les effets pervers produits par le développement du savoir, n’existe pas que dans le domaine alimentaire.

Le développement du savoir alimentaire a permis la fixation des hommes au sol (évitant les errances de petits groupes humains), premier pas vers l'urbanisation. Grâce à la domestication, on s'est mis à (savoir) boire du lait d'une autre espèce animale, on a fait (su faire) des fromages, on a conservé (su conservé) la viande, cuite ou dans du sel. On a (appris à ) domestiqué(er) des graminées, qui sont devenues du blé ou du seigle, etc. Et depuis cette époque le blé est devenu un quasi-OGM, puisque son patrimoine génétique a été modifié par la répétition du geste de planter année après année, sur plus de 10.000 ans.

Bref, l'alimentation a drastiquement changé. Ça a commencé il y a longtemps, il y a 10.000 ans. Et, à la fois, ça a commencé hier seulement : 10.000 ans, c'est hier, à l'échelle de l'évolution humaine depuis Lucy (trois millions d'années).
C'est la mise en oeuvre de la pensée humaine, animée par le souci légitime d’améliorer les conditions de vie, qui a opéré les changements d'alimentation.
Et l'alimentation a plus drastiquement changé encore depuis l'émergence des sciences et techniques comme telles. Celles-ci aident à la dénaturation (volontaire...) des hommes par l'action oligarchique des pouvoirs économiques et politiques. Donc, dans le plus grand mépris humain !

Ce qu’apporte Jean Seignalet ? Il montre le prix d’une telle amélioration. Il fait la démonstration que quand on revient à une alimentation ancestrale, énormément de maladies chroniques et souvent incurables disparaissent. Cela est vrai dans un très grand nombre de cas.

Cette belle réussite, simple à réaliser (pas besoin de médicaments), dépasse de beaucoup les (piètres) résultats de nombreuses démarches scientifiques actuelles, dans le domaine de la médecine. Ça me fait penser ici à la lecture d’une page entière du monde, il y a quelques années, dédiée à la recherche médicale grâce aux conditions d’apesanteur dans l’espace. Cette page rendait compte de la recherche sur l’ostéoporose, vaste sujet qui préoccupe de nos jours la plupart des femmes. Dans cette belle page dédiée aux sciences rayonnantes (la recherche en apesanteur : dernier cri des sciences et techniques !), quelque lignes, en bas de page, signalaient cependant que quand on mangeait sainement et qu’on avait une activité physique, on n’avait pas d’ostéporose !!!

Jean Seignalet nous dit que nous devons assurer une continuité avec ce qu’a mis en place la nature. Il s'agit de respecter ce qui est là et nous a construit comme nous sommes aujourd'hui. Le mot respect vient d’ailleurs de «regarder en arrière» : ça commence donc par une reconnaissance, avant de produire de la connaissance.
Si nous ne nous synchronisons pas sur ce qui est là, de nature, nous sommes dénaturés et nous en soufrons.
Notre prétention (légitime) au savoir et notre impatience à utiliser notre belle machine à penser nous jouent des tours, nous dégrade et nous rend malheureux, alors même que nous cherchons à améliorer nos conditions de vie !
C'est aussi ce que nous dit la pensée philosophique hindoue, d'une autre nature que la pensée occidentale, déterministe, causale, dualiste.

Le lien apparait donc avec l’affaire Seralini : la démonstration est déjà faite que la voie de la fabrication d’OGM n’est pas une voie viable pour l’homme. C’est comme ça ! Il faut en tenir compte. Mais les pouvoirs en place restent aveugles à l'apport de Jean Seignalet, pourtant docteur de son état. On comprend pourquoi quand on sait le pouvoir de l'industrie pharmaceutique et son lobbying sophistiqué. Pourtant, la vérité est que les budgets publics seraient mieux utilisés s’ils étaient mis dans des études et recherches sur la voie ouverte par Jean Seiganalet.

Et le lien peut se faire aussi avec la culture. Il est bon et agréable de se réunir autour d'un barbecue. C'est culturel. Nous sommes heureux de cette aspect de notre culture. Mais que produit ces comportements culturels, comme méfaits ?
On peut en aller ainsi jusqu'à interroger la culture même : jusqu'où est-elle "naturelle" (jusqu'ou nous dénature-t-elle ?). Jusqu'où nous articificialise-t-elle ? Et, pour en revenir à l'alimention : devons- nous revenir à une alimentation ancestrale ? Perdant ainsi tous ces beaux acquis des arts culinaires ? Et les plaisirs à se retrouver autour d'une belle table ? Pouvons-nous envisager une autre culture, qui nous rende plus heureux encore de nous retrouver autour de bon plats ? (à noter ici que des sites de cuisines crues montrent des choses magnifiques... et bonnes !)

Ces questions se posent radicalement. Nous n'avons pas à les éviter. Nous avons à savoir ce que nous voulons. La crucialité d'époque, probablement, nous le demande. Pour notre évolution même, d'humanité. Ne pas attendre le bout du bout, là où nous serons contraints de manger de la nourriture en boites, vendue actuellement par des entreprises qui fabriquent des aliments pour être mangés dans.... 20 ans ! (info France Inter d'hier).


Pour le groupe de travail FdG-CST, tout cela nous dit-il de considérer que nous avons à mettre en oeuvre un esprit critique sur la production même du savoir, depuis ses origines ? Nous sommes porteurs de notre passé, qu’on le veuille ou non, et on en subit les conséquences. Alors ne faut-il pas y faire le tri ? À partir du critère «l’humain d’abord».
Notre sac à dos est lourd à porter. Il nous faut regarder ce qu’il y a à en enlever.

Autre aspect prenant en compte le passé : des ouvreurs de voie ont existé dans le passé. Et d’autres existent aujourd’hui. Ils sont à repérer, derrière le silence et l’ombre d’époque qui les cache. Et derrière parfois le sort de victime que la société bien-pensante leur réserve.

On pourrait presque dire que le travail d’époque à faire, concernant les savoir, serait de mettre sur pieds quelque chose qui ressemblerait à des «États généraux du savoir». Vaste chantier ! Pourquoi le Front de gauche ne s’y ouvrirait-il pas ? Reitnomud pose une question qui va dans ce sens : «et pourquoi pas une sorte d’Université Citoyenne ?».

En amont de tout ça; si l'on dit "l'humain d'abord", et si l'on croit/prend-conscience que l'humain subit des dénaturations, ne faudait-il pas définir ce qu'est l'humain ? Par exemple, à quelle "définition" de l'humain se réfère le Comité National d'Éthique, dans ses recommandations ? Définir l'humain, avec comme enjeu qu'il soit mis en situation de libérer son plein potentiel et qu'ainsi il suive son évolution... naturelle, aidée par une culture qui soutienne cela.

Les questions donnent le tournis... Tournis d'époque qui nous tourne et nous retourne la tête.
Voulons-nous nous désenivrer ?

Patrick, le 30 octobre 2012.

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