Atelier Culture science et technique - OUVERTURE D'UNE DISCUSSION SUR LE PROJET DE TRAVAIL !!!

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tex te martyr en vue de rédiger collectivemetn un manifeste

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Les 3 parties de ce texte (et ce qui est en italique) ont été proposés lors de la réunion du 24 septembre. Il s'agit d'une proposition pour aider à l'écriture collective d'un "manifeste" des cultures scientifiques et techniques


L’appropriation citoyenne (et populaire ) des cultures scientifique et technique

I) OBJECTIFS - ENJEUX – PROBLEMATIQUES
Champs de questionnement - Enjeux technologiques (maîtrise publique : logiciels libres- Brevets)_ Mieux vivre en société - Lutter contre la confiscation des savoirs et pour leur partage – Démocratie – Emancipation

I-1 les grands problèmes sociétaux et l'absence actuelle de débats

De grandes questions concernant les applications technologiques des avancées scientifiques et techniques récentes (Santé, énergie, alimentation, drogues...) traversent la société, mais laissent à nombre de citoyens le sentiment que les réponses sont biaisées, qu'elles passent largement « au dessus de leur tête », qu'elles sont une affaire d'experts, ou « de gros sous », et finalement alimentent un sentiment d'impuissance et de défiance vis à vis de la science qui se transforme en fatalisme voire en craintes.

Ces grandes questions sont caractérisées par la multiplicité de leurs enjeux, et la multiplicité des façons de les aborder, où les aspects scientifiques et techniques représentent une part, importante certes, mais non unique. Elles ressortissent à la fois du culturel et du politique. Pourtant trop souvent, elles sont réduites, par les médias notamment, à un simple « pour ou contre » qui supprime tout débat en le transformant en une joute.

Un exemple. La question des OGM végétaux devrait impliquer des aspects économiques : la faim dans le monde peut elle être résolue de cette manière, dans les conditions actuelles, où la malnutrition s'étend de manière catastrophique alors que la quantité de nourriture produite est suffisante ? Des aspects politiques : le rôle des lobbies industriels (Monsanto et autres) dans les décisions politiques nationales et supranationales. Des aspects juridiques sur les droits de propriétés, et sur les normes légales et la manière de les faire évoluer. Des aspects scientifiques et techniques : qu'est-ce qu'un OGM végétal, en quoi diffère-t-il des variétés obtenues depuis toujours par amélioration génétique « classique ». Des aspects environnementaux, comment se diffusent les gènes introduits dans les OGM ? Quel est l'impact de l'herbicide unique et obligatoire ? Des aspects de toxicologie et de santé (mis en lumière par « l'affaire Séralini »). Des aspects idéologiques et moraux : faut il avoir peur ou refuser les manipulations des gènes ? ...

Ce qui caractérise le débat, (ou plutôt l'absence de vrai débat sur ces questions), c'est à la fois qu'il est très rare que l'on prenne en compte l'ensemble des aspects, et que, sur chacun de ces aspects, les avis ou les intérêts diffèrent y compris chez ceux que l'on appelle des « experts ». Or on s'aperçoit souvent que ces désaccords correspondent à des prises en compte partielles et différentes des enjeux en cause. Par exemple, les désaccord entre généticiens sur les dangers potentiels des OGM végétaux reposent sur la prise en compte ou non des transferts de gènes, des recombinaisons possibles, et de la variation du rôle d'un gène en fonction de son environnement cellulaire...

A la base de ces divergences il y a la tendance, majoritaire en sciences actuellement (et soutenue d'ailleurs, à l'insu des scientifiques eux même, par l'idéologie libérale), de se contenter de découper au maximum la réalité pour l'étudier (réductionnisme), mais aussi d'ignorer, dans les études considérées comme scientifiques, les aspects sociaux (et environnementaux). Il ne s'agit pas d'une soit disant « nature intemporelle » de la science , mais d'options idéologiques (et même économiques) sur les conceptions et les démarches de la recherche. Actuellement, par exemple, la politique européenne, relayée par le gouvernement français, pousse la science le plus possible (en dépit des résistances de nombre de scientifiques) vers une seule démarche, que l'on qualifie de techno-science. Dans une conception démocratique et une priorité à l'humain d'abord, on pourrait (on devrait ?) envisager la coexistence de démarches scientifiques, rigoureuses mais diverses, permettant de cerner la réalité complexe sous toutes ses facettes.

On retrouve les mêmes caractéristiques dans les questions concernant l'énergie, les nanotechnologies, les produits chimiques toxiques -y compris l'amiante, voire tout récemment la biologie de synthèse.
Mais, bien que ces enjeux soient ressentis comme importants par l'opinion publique, il n'y a pas (ou en tous cas pas suffisamment) d'appropriation populaire des cultures scientifique et technique, qui permettrait une implication citoyenne réelle.

I-2 C'est le débat qui permettra la construction progressive d'une culture citoyenne globale.

Une politique de gauche face aux enjeux sociétaux actuels nécessite une démocratie renouvelée, un investissement citoyen. Comment revendiquer une implication citoyenne si les questions sont si controversées ? Si même les scientifiques entre eux ne sont pas d'accord ? Comment avancer « à gauche »? Sans prétendre répondre à ces immenses questions, il est nécessaire de chercher des pistes pour avancer. Avancer ne peut être qu'un processus, un chemin que l'on trace en avançant. La boussole c'est la notion politique de « l'humain d'abord », du « bien vivre », qui oblige à se poser la question concernant toute avancée technologique « va-t-elle permettre un mieux vivre ? » (dans les conditions actuelles et/ou dans des conditions économiques et politiques que l'on souhaite). Pour reprendre l'exemple des OGM végétaux, dans les conditions actuelles de domination économiques des multinationales de semenciers, ils ne permettent aucune avancée humaine puisqu'ils asservissent l'agriculture à ces grands groupes et empêchent de diminuer la malnutrition par le développement d'une agriculture locale et paysanne. Mais est-ce condamner définitivement les OGM végétaux ? Là doivent intervenir tous les autres aspects de la question.
Autrement dit le rôle d'une culture scientifique et technique dans le débat, devrait permettre de coupler (idéalement) deux volets, celui des connaissances et celui d'une nécessaire universalité/pluralité des connaissances, pour ne pas poser les questions de façon unilatérale.

N'est-ce pas reculer pour mieux sauter ? Même en reconnaissant qu'une telle culture ne peut être que collective et non individuelle, comment concilier ces deux exigences avec l'accumulation exponentielle des données et des connaissances ? Nous tentons une réponse : en remplaçant les « experts », par un débat démocratique et citoyen. Mais un débat informé, ce qui exige une appropriation citoyenne collective des cultures scientifique et technique, et qui pourrait aussi entraîner une modification des approches scientifiques, un refus de se cantonner aux approches unilatérales favorisées actuellement par le libéralisme. Cet apparent paradoxe implique que cette appropriation se construise progressivement, grâce à ces débats, qui deviendront en retour de plus en plus efficaces et judicieux.

Autrement dit, nous proposons que le débat citoyen, par la nécessité de l'information qu'il devra porter, dans le respect de l'humain d'abord, soit un levier puissant pour inventer, pas à pas, une culture citoyenne, qui rendra le débat de plus en plus performant. Le débat ne consiste pas à déterminer à la majorité une « vérité », comme le suggère les questionnements « pour ou contre », mais à avancer, à la fois dans la solution d'un problème difficile et dans la construction concomitante de cette culture scientifique et technique. Et les « débats » lancés actuellement pour convertir les citoyens en adeptes sans états d'âme (ou en adversaires absolus) des nouvelles technologies sont bien l'exemple de ce qu'il ne faut surtout pas faire.

Il s'agit donc d'amorcer un processus où la discussion, voire les décisions, sur les grands problèmes sociétaux d'aujourd'hui ne seront plus laissés à des experts et à des lobbies, mais seront discutés de façon citoyenne. C'est cette discussion qui permettra progressivement d'inventer et de fonder une culture citoyenne nouvelle, en en déterminant au fur et à mesure les besoins.

La mise en avant de l'humain d'abord et du mieux vivre, devraient aider à la construction de cette culture qui ne pourra pas plus être purement scientifique et technique, qu'être, comme c'est tristement le cas actuellement, dépourvue de la dimension scientifique et technique.

I-3 Partage des savoirs

Cette culture citoyenne, requise par les grands débats de société, nécessitera évidemment un partage des savoirs hors de proportion avec ce qui se passe actuellement, et les nouvelles technologies informatiques doivent être mises au service de cette ambition.
Depuis le XIXe siècle, on assiste à une confiscation des savoirs scientifiques pour des « élites » que l'augmentation de la durée des études n'a que peu tempérée. Actuellement de plus, avec la notion de « société de la connaissance », les sciences sont pilotées très majoritairement en vue d'innovations sources de profits, ce qui influe à la fois sur les domaines de recherches et sur les approches scientifiques elles mêmes, (avec une prédominance des approches réductionnistes et une sous-estimation du complexe et du dynamique). Ainsi, l'enseignement scientifique est rendu (ou considéré comme) trop difficile pour que tous puissent y avoir accès, et les avancées majeures (comme la complexité) y sont passées sous silence, sauf aux niveaux les plus élevés). La « vulgarisation scientifique » (quel vilain mot), est faite pour que la population partage une certaine admiration, un émerveillement, mais pas pour promouvoir l'idée que les citoyens ont leur mot à dire dans les choix technologiques, et aussi dans le choix scientifiques. Y compris, et peut être surtout, face aux décisions actuelles, prises « en hauts lieux », de supprimer des pans entiers de la recherche, publique ou privée, considérée comme ne devant pas donner lieu à des innovations rentables ? (on peut citer les recherche sur les agents infectieux par exemple).

Pour autant, il ne saurait être question que tout citoyen soit tenu de devenir un scientifique expérimenté dans tous les domaines ! Ce n'est pas souhaité par tous, et de toutes façons ce n'est pas possible, puisque la formation scientifique, comme toute formation approfondie ne peut pas se faire à la va-vite. Il est donc important qu'à côté des connaissances scientifiques utiles aux professionnels des métiers de la recherche (et qui prennent des années d'étude à acquérir), il existe un niveau global de connaissances nécessaires pour prendre part à des débats de politique scientifique. Ce niveau ne peut pas être défini a priori, (d'autant qu'il se modifie sans arrêt au fur et à mesure des avancées des connaissances) mais il émergera de la pratique des débats. L'atout de l'utilisation à cette fin des moyens actuels de traitement des données ne doit surtout pas être sous estimé. Il est cependant peu vraisemblable que cette culture puisse se former rapidement, et l'allongement de la formation initiale et/ou, une vraie formation, culturelle tout autant que professionnelle, tout au long de la vie, deviendront sans doute nécessaires et souhaitées.

Mais il faut aussi réaliser que apprendre à « faire le tour » des questions, en refusant de les cantonner aux dictats préalables du « pour ou contre » nécessite un changement assez radical de notre culture, scientifique comme générale, que l'idée de l'humain d'abord peut permettre de faire avancer. Il s'agira de passer d'une culture générale, essentiellement vue comme littéraire et artistique, (ce qui ne l'empêche pas d'être aussi majoritairement réservée à des « élites »), à une culture citoyenne globale comprenant une partie scientifique et technique, et susceptible d'être appropriée par tous. Un enjeu de taille!!

II RECREER DES LIENS ENTRE LE MONDE DES SCIENTIFIQUES ET LE MONDE DES ARTISTES

Cette culture globale ne se fera pas, si les acteurs concernés n'en sont pas partie aussi prenante. Est il possible, dès à présente de créer des liens entre les mondes scientifique et artistique ? Comment s'y prendre ? Des expériences existent, vont elles dans ce sens? Peut on partir d'elles pour alelr plus loin, pour généraliser ?


III METHODES : Éducation : instruction- éducation populaire- histoire des sciences et des techniques

Cependant, il faut bien être conscients que les problèmes ne se résoudront pas d'eux même, par la seule existence de ces débats. Mais cette existence devra favoriser une recherche active des meilleures méthodes pour en permettre une tenue sérieuse. Bien sûr, certaines de ces méthodes ont déjà été proposées ou expérimentées, et il convient d'en faire ici un bilan.

…...................................

CONCLUSION : l’articulation avec le politique

Il s'agit d'un processus de longue haleine, mais qui peut et même doit commencer dès maintenant avec ses dimensions culturelles soutenues par les associations de culture populaire, mais aussi qui peut et même doit s'inscrire dans l'agenda politique de la gauche. Il s'agit d'exiger et promouvoir à la fois les débats démocratiques et informés sur les grandes questions de société et l'amélioration de la diffusion des connaissances scientifiques (au sens large) et techniques, qu'ils requièrent. Réclamer un référendum sur l'énergie par exemple, c'est aussi réclamer les moyens de générer un débat informé, large, ouvert et pluraliste. Il s'agit d'ouvrir, à court terme une perspective pour construire ensemble le long terme.



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